C’est en 1073 qu'apparaît la première mention écrite du château ...

 

 

A la fin du XIIème siècle, le royaume de France vit des heures dramatiques. Philippe Auguste, roi de France et Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et petit-fils de Geoffroy V Plantagenêt, comte d'Anjou, se livrent une guerre sans merci dont l'enjeu est la possession des fiefs traditionnels des Plantagenêt en France. Le nom de Palluau va maintenant s'inscrire dans l'histoire de France.

 

. L'année 1188 voit les armées de Philippe Auguste occuper la Touraine et le Berry, non sans combats et non sans sièges. Toutes les places fortes de la région sont ainsi investies ; le château de Palluau n'échappe pas à la règle. Richard Cœur de Lion, remontant d'Aquitaine, reprend alors la basse vallée de l'Indre et, après quelques escarmouches, la forteresse de Palluau qui n'était gardée que par une faible garnison.

 

. Deux siècles plus tard, Palluau revit une période troublée, celle de la Guerre de Cent Ans. A cette époque, la seigneurie appartient à la famille Tranchelion depuis le mariage, en 1365, de Jeanne Pean (ou Payen), dernière héritière du fief, avec Hugues de Tranchelion. En 1356, le roi Jean le Bon étant prisonnier, les anglais s'emparent de plusieurs places fortes, dont celle de Palluau, qu'ils garderont jusqu'en 1360 ; mais ils ne quitteront pas les lieux sans avoir démantelé le château.

 

 . C'est donc à Hugues de Tranchelion, ou à son successeur Guillaume, qu'il incombe de restaurer la vieille demeure. On pose alors les bases de la forteresse actuelle dont la silhouette vue de la ville ne changera dès lors plus guère, en s'inspirant des meilleures réalisations militaires françaises de l'époque : un des principaux modèles en est le château de Saumur, bâti en 1367 par Louis 1er d'Anjou, puis passé en apanage à Jean de Berry, le fastueux mécène des « Très Riches Heures ».

 

 . Les Tranchelion vivront ainsi la fin du Moyen-Âge dans une forteresse fraîchement rebâtie.

 

 . 1503. Charles de Tranchelion entreprend de moderniser sa demeure.

 

L'essentiel des travaux porte sur les bâtiments d'habitation et deux logis neufs sont élevés. Celui de l'Est, qui fait porterie, remplace le châtelet primitif ; l'autre, au Sud, est le logis principal, distribué selon les habitudes du temps, et s'élève au-dessus du village entre le donjon et la tour Sainte-Manoulde.

 

 . Avec Charles et Antoine, le nom des Tranchelion s'éteint et Charlotte lègue la seigneurie de Palluau à Claude BRACHET

 

 . le 25 février 1606, le château et la seigneurie de Palluau sont vendus quatre-vingt-quatre mille livres à Antoine de Buade de Frontenac, compagnon du Roy Henry IV. Les Frontenac vont marquer de leur empreinte la vie du village pendant tout le XVIIème siècle.

 

En particulier Louis de Buade de Frontenac sera nommé Gouverneur et Lieutenant Général de la Nouvelle France (Canada). C'est à ce titre que la postérité a retenu son nom car il fut un excellent gouverneur qui sut organiser la pacification des Iroquois, développer de prospères réseaux commerciaux, contenir l'influence au Canada des Jésuites, et surtout empêcher les Canadiens de basculer dans les sympathies anglaises. Grâce à lui, et aussi à ses compagnons comme Jean-Baptiste Louis Franquelin, originaire de Villebernin (hameau de Palluau) et cartographe de la Nouvelle France, des liens se sont créés et maintenus entre la vallée de l'Indre et le Canada Francophone.

 

 . En 1700,  le nouveau propriétaire de Palluau est un personnage considérable : Paul de Beauvillier est Pair de France, Grand d'Espagne, Duc de Saint-Aignan et Comte de Buzançais. Protégé de Mme de Maintenon, il a fait partie du conseil des Finances, puis du Conseil d'En-Haut avec rang de Ministre d'Etat. Ses fonctions le retenant à Paris, il ne réside pas à Palluau et les seuls souvenirs qu'il y ait laissés sont ses armoiries peintes à fresque dans la chapelle seigneuriale de l'église Sainte-Menehould. Lorsqu'il meurt en 1714, la seigneurie passe à son fils Hippolyte (1684-1776), qui cède le domaine à René François de Montbel en 1770.

 

 . En 1796, un soulèvement royaliste agite la contrée, mené par un gentilhomme nommé Duprat que l'on appelle le général Fauconnet. Ce mouvement est connu sous le nom de « Vendée de Palluau ». L'affrontement est sévère : les insurgés, taillés en pièces, laissent soixante morts et quarante prisonniers. Cet épisode porte aujourd'hui le nom de « Journée des Sabots », rappel des souliers abandonnés par les fuyards sur le champ de bataille.

 

 . A la Restauration, Louis Joseph de Montbel, comte de Palluau, devient premier gentilhomme ordinaire de Charles X et député de l'Indre. Le domaine revient ensuite à sa fille Aline, mariée à Georges Camille de Velard. Leur fils Bruno Marie de Velard reprend à son tour le château, en fort mauvais état. Il entreprend alors la restauration des logis, agrandissant les fenêtres, réparant les cheminées intérieures, aménageant les combles à partir des lucarnes gothiques et créant une entrée du côté du parc, redessiné à l'anglaise. Ses héritiers successifs poursuivent son œuvre et une dernière tranche de restauration est entreprise en 1910 ; interrompus par la guerre, les travaux ne se terminent qu'en 1920.

 

 . En 1987, le Conseil municipal vote à l'unanimité l'acquisition du château mais le conseil n'est pas suivi par le maire de la commune.

 

 . 2009, acquisition du château par Jean-Roger Morvan, actuel propriétaire.

 

 CHATEAU DE PALLUAU  VERS 1900